Le guide complet

PARQUET CHEVRONS :
LE GUIDE ULTIME, DE L’HISTOIRE À LA POSE

Point de Hongrie ou bâton rompu : origine du nom, calepinage, pose, finitions et erreurs courantes du parquet en chevrons.

Le parquet en chevrons est un symbole d’élégance architecturale. Qu’il s’agisse du point de Hongrie ou du bâton rompu, ce type de sol traverse les siècles sans prendre une ride et s’adapte aussi bien aux appartements haussmanniens qu’aux lofts contemporains. Voici une expertise complète sur l’univers des parquets chevrons : leur histoire, leur technique et leur mise en œuvre, rassemblée par Floorz La Grande Parqueterie.

Au sommaire : la différence entre point de Hongrie et bâton rompu, l’origine du nom, la fabrication, la pose, le sens du motif, les finitions, les erreurs courantes à éviter et une FAQ de 12 questions.

Ce qu’il faut retenir avant de commencer

■ « Chevron » désigne tout motif en V ; le point de Hongrie a les bouts biaisés, le bâton rompu des bouts droits
■ Pertes à prévoir : 15 à 18 % pour un particulier
■ Sens de pose : dans la longueur, vers la fenêtre principale
■ Pour certaines références, nous réalisons le calepinage de votre pièce

Détail d’un parquet en chêne massif : jonction des lames en onglet au centre du motif

Détail de la jonction des lames : la coupe et le calepinage décident de la netteté du motif.

1. Comprendre le parquet en chevrons : point de Hongrie ou bâton rompu

Parquet en chevrons en chêne dans un séjour contemporain, banc noir et tabouret en rotin

Un parquet en chevrons en chêne : le V continu du motif.

Il est essentiel de distinguer les deux grandes familles du parquet en chevrons. Dans le langage courant, « chevron » désigne tout motif en V ; techniquement, le point de Hongrie a les bouts coupés en biais et le bâton rompu des bouts droits.

Le point de Hongrie : les lames sont coupées en onglet, le plus souvent de 45° à 52°, jusqu’à 60° sur certaines références. Les bouts se rejoignent pour former un « V » parfait et continu. C’est le dessin le plus graphique et le plus prestigieux.

Le bâton rompu : les lames sont rectangulaires (coupe droite) et posées perpendiculairement les unes aux autres. Le motif est plus robuste, avec un effet d’entrelacement plus marqué.

Dans les catalogues étrangers, « chevron » désigne souvent le motif à bouts biaisés, notre point de Hongrie, alors que « herringbone » désigne le bâton rompu : un détail utile quand vous comparez des références venues d’ailleurs.

La largeur de lame change aussi la lecture du motif : 70 à 90 mm pour un style haussmannien classique, 100 à 130 mm pour un rendu contemporain, au-delà de 130 mm pour un effet architectural fort. Un parquet chevron en lames étroites paraît plus détaillé, en lames larges plus spacieux.

2. Origine historique : pourquoi « point de Hongrie » ?

L’histoire du parquet en chevrons prend racine dans l’Antiquité avec l’opus spicatum (pose en épi) des Romains, utilisé pour les briques et les pavements.

Une origine plus surprenante qu’il n’y paraît : le nom « point de Hongrie » vient de la broderie plus que de l’architecture. Le Dictionnaire de l’Académie française rattache le parquet au motif de broderie du même nom, que ses lames en rangs obliques évoquent4. Sur l’origine du « de Hongrie », plusieurs hypothèses circulent, dont sainte Élisabeth de Hongrie (XIIIe siècle) ou une association avec l’Italie : aucune n’est démontrée, et l’origine exacte du nom reste débattue.

Le bâton rompu, une histoire différente : plus simple à produire que le point de Hongrie, il aurait des racines plus modestes, que l’on rattache parfois aux motifs tracés au sable balayé sur les anciens sols en terre battue (hypothèse non démontrée). Sa simplicité de fabrication explique pourquoi il s’est répandu plus largement, plus tôt, dans les intérieurs bourgeois.

XVIIe siècle : le motif entre dans les demeures de la noblesse française et s’impose dans les châteaux pour remplacer les sols en pierre.

XVIIIe siècle : l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert consacre des planches au parquet à partir de 1751. Le motif est aussi attesté, sous le nom de « fougères », sur une estampe de Cazenave d’après Bouillon, réalisée entre 1805 et 1815 et représentant le procès de Marie-Antoinette, conservée à la Bibliothèque nationale de France5.

XIXe siècle : c’est l’explosion. Sous l’impulsion du baron Haussmann, le parquet en chevrons devient l’élément central des appartements parisiens. Il donne une impression de mouvement et de grandeur aux pièces de réception.

Lieux iconiques : on le cite dans les galeries du château de Versailles, au musée du Louvre, dans la grande galerie du château d’Ô (Orne), au salon de l’Horloge du Quai d’Orsay, dans certaines chartreuses du Périgord, et aujourd’hui encore dans de nombreuses résidences d’ambassadeurs en France.

3. Fabrication et évolution technique

Le parquet en chevrons exige une précision d’usinage chirurgicale. Autrefois, chaque lame était ajustée à la main sur le chantier.

Aujourd’hui, les lames sont usinées en usine avec des profils (rainures et languettes) qui permettent un emboîtement parfait. L’évolution majeure réside dans le parquet contrecollé en chevrons, qui offre une stabilité dimensionnelle supérieure au massif tout en étant compatible avec le chauffage au sol.

Deux angles ne se confondent pas : l’angle d’usinage, celui de la coupe en bout, et l’angle de pose, l’inclinaison de la lame sur la ligne de la travée. Chaque motif existe en lames main gauche et main droite, livrées en quantités égales : un plan de calepinage asymétrique peut donc laisser une main presque inutilisée.

4. Pose : deux méthodes, un principe commun

La pose d’un parquet en chevrons ne s’improvise pas. Deux méthodes existent, avec un principe commun : un calepinage précis en amont.

■ Pose clouée : la méthode ancestrale sur lambourdes, avec une isolation phonique naturelle et un craquement caractéristique très recherché.

■ Pose collée : la plus courante aujourd’hui, adaptée aux planchers chauffants, avec une excellente tenue dans le temps, sans grincements.1

Côté angle, le 45° est le plus répandu et donne un V équilibré ; certaines références existent en angle de 58° ou 60°, pour un rendu plus formel qui allonge visuellement la pièce. Le tracé de l’axe central, souvent dans l’alignement d’une cheminée, distingue une pose réussie d’un motif décalé : notre guide du calepinage détaille la méthode.

Comment poser un parquet en chevrons, en bref :

■ Mesurer la pièce, avec ses deux diagonales.

■ Calepiner : axe central, largeur des travées, 15 à 18 % de chutes.

■ Acclimater les lames de massif au moins 48 h dans la pièce.

■ Contrôler le support : humidité à 3,0 % au maximum pour une chape ciment, 0,5 % pour une chape anhydrite.1

■ Poser depuis l’axe central, jamais depuis un mur.

■ Laisser un joint de 5 à 8 mm sur tout le périmètre, masqué par les plinthes.1

Le point de Hongrie et le bâton rompu ont chacun leurs subtilités de mise en œuvre. Pour la technique détaillée, pas à pas, consultez notre guide de pose du point de Hongrie ou notre guide de pose du bâton rompu, étape par étape.

Plan de calepinage d’un parquet en chevrons : longueur et largeur de la pièce, largeur de travée, cheminée et ébrasement

Le calepinage définit l’axe central, la largeur des travées et l’ébrasement autour d’une cheminée.

5. Un motif qui joue avec l’espace

Au-delà de l’esthétique, le sens de pose du motif a un effet réel sur la perception d’une pièce. Dans un couloir étroit, orienter les pointes perpendiculairement à l’axe de circulation casse l’effet « tunnel » et donne une impression de largeur. Pour un salon ouvert sur une terrasse, orienter le motif vers la baie vitrée crée une continuité visuelle entre intérieur et extérieur.

Dans une pièce classique, la règle est simple : dans la longueur de la pièce, vers la fenêtre principale. Le motif directif crée une perspective qui allonge visuellement l’espace.

Conseil terrain Bruno Mignot : « Orientée parallèlement à la lumière du jour, la pose fait ressortir un contraste plus marqué entre les lames main gauche et main droite : un effet clair-foncé qui peut être recherché ou à éviter. Avant de commander, comparez les deux orientations sur le plan. »

6. Finitions et rénovation

Un parquet en chevrons change radicalement d’aspect selon sa finition :

■ La cire : pour l’aspect historique et l’odeur du propre, elle nécessite un entretien régulier.

■ L’huile : elle protège le bois tout en gardant son aspect mat et son toucher naturel, la finition préférée pour mettre en valeur le veinage du chêne.

■ Le vernis (vitrificateur) : une protection totale contre les taches et l’usure, avec des options ultra-mates invisibles.

La rénovation : lors du ponçage d’un ancien parquet en chevrons, l’expert doit croiser ses passages de ponceuse pour respecter le sens du bois de chaque travée sans créer de rayures.

7. L’art du « faux ancien » et le vieillissement

Pour donner du cachet à un parquet neuf, plusieurs techniques de vieillissement sont utilisées :

■ Le martellement : on abîme légèrement les rives des lames pour simuler des siècles de passage.

■ Le brossage : on retire la partie tendre du bois pour faire ressortir le relief du veinage.

■ Les cales d’espacement : lors de la pose, on peut laisser de micro-espaces entre les lames (comme un bois qui a « travaillé »), avant de les boucher avec un mastic de couleur sombre pour imiter l’encrassement noble des vieux parquets.

8. Les 8 erreurs courantes à éviter avec un parquet en chevrons

Ces erreurs reviennent sur de nombreux chantiers de parquet en chevrons, et la plupart se corrigent avant la première lame :

■ Partir d’un mur : le motif se décale ; on part toujours de l’axe central.

■ Sous-estimer les chutes : 15 à 18 % pour le bâton rompu et le point de Hongrie, pas 10 %.

■ Oublier les mains gauche et droite : une paire orpheline peut porter les pertes à 20 à 25 %.

■ Négliger le calepinage : rives étroites, motif déséquilibré, manque de matière en cours de chantier.

■ Confondre les seuils d’humidité : 3,0 % au maximum pour une chape ciment, 0,5 % pour une chape anhydrite.1

■ Oublier le joint périphérique : 5 à 8 mm, masqués par les plinthes.1

■ Poser un film polyéthylène après la pose : il est proscrit ; seule une protection micro-perforée respirante convient.1

■ Sauter l’acclimatation : au moins 48 h pour le massif ; un contrecollé reste fermé jusqu’à la pose.

9. Le regard des professionnels : architectes et décorateurs

Le parquet en chevrons est un véritable outil de structuration de l’espace. Il se prête à des écritures très différentes : graphique et monochrome dans un esprit minimaliste, comme celui de Joseph Dirand, ou classique réinterprété, dans l’esprit de Jean-Louis Deniot, qui joue avec les échelles pour moderniser le style français.

Conseil terrain Bruno Mignot : « Ne jamais poser les pointes perpendiculairement à la source de lumière principale sans avoir comparé les plans : les imperfections de jonction se voient davantage. On pose le plus souvent les pointes vers la lumière, dans la longueur de la pièce. »

10. Données de marché : un succès grandissant

Le segment des parquets à motifs (point de Hongrie et bâton rompu) connaît une croissance constante. Selon nos estimations, ils représentent environ 15 % à 20 % des ventes sur le segment du parquet haut de gamme en Europe.

La demande pour le bâton rompu aurait progressé de plus de 30 % en cinq ans, portée par la tendance « vintage » et « mid-century modern ». Bien que plus onéreux (de l’ordre de 20 à 40 % de plus qu’une pose droite, en raison des chutes et de la main-d’œuvre), il reste un investissement valorisant pour un bien immobilier.

11. Pourquoi choisir Floorz La Grande Parqueterie pour commander son parquet en chevrons ?

Pièce lumineuse en parquet de chêne ouverte sur une forêt : la lumière naturelle joue avec le rendu du sol

Une pièce baignée de lumière naturelle : l’orientation du parquet joue sur le rendu du sol.

Parce qu’un parquet en chevrons est une pièce de marqueterie, il nécessite une expertise réelle. Chez Floorz La Grande Parqueterie, nous ne vendons pas qu’un revêtement : nous vous aidons à en faire un héritage.

Dans notre Showroom Matériauthèque proche de Strasbourg, vous pouvez toucher les textures, sentir l’huile de finition et voir la différence réelle entre un angle à 45° et un angle à 60° sous la lumière naturelle. Depuis 2006, nous accompagnons nos clients pour que leur parquet devienne la pièce maîtresse de leur intérieur.

Pour certaines références, nous réalisons le calepinage de votre pièce : envoyez-nous le plan coté (longueur, largeur, diagonales, position des portes, cheminée ou niches) et la référence souhaitée. Nous dessinons alors le plan de pose et la répartition des travées, et nous vous répondons avec un devis personnalisé sous 48h, sans engagement.

12. Questions fréquentes sur le parquet en chevrons

Pourquoi le parquet en chevrons s’appelle-t-il « point de Hongrie » ?

Le nom vient d’un motif de broderie en zigzag que les lames en rangs obliques évoquent, selon le Dictionnaire de l’Académie française. Aucune explication de l’origine du « de Hongrie » n’est démontrée, certains évoquant sainte Élisabeth de Hongrie, d’autres l’Italie.

Qu’est-ce qu’un parquet chevron, ou parquet de type chevron ?

Un parquet chevron est un parquet dont les lames forment des V continus. Dans le langage courant, « chevron » désigne tout motif en V ; le point de Hongrie a les bouts coupés en biais et le bâton rompu des bouts droits.

Un parquet en chevrons perd-il de la valeur avec le temps ?

Au contraire : un parquet massif en chevrons ou point de Hongrie valorise un bien dans le temps. Sa rénovabilité par ponçage, plusieurs fois sur la durée de vie du massif, en fait un investissement patrimonial plutôt qu’une dépense d’usure.

Comment poser un parquet en chevron ?

En six étapes : mesurer, calepiner, acclimater, contrôler le support, poser depuis l’axe central, laisser un joint périphérique. Le détail pas à pas figure dans nos guides de pose du point de Hongrie et du bâton rompu.

Qu’est-ce que la « pose à blanc » d’un parquet en chevrons ?

C’est une simulation grandeur réelle, lames posées sans être fixées, pour valider l’agencement avant tout collage définitif. Le détail de cette étape et du calepinage figure dans nos guides de pose dédiés.

Quelles sont les erreurs courantes à éviter lors de la pose ?

Les huit principales : partir d’un mur, sous-estimer les chutes, oublier les mains gauche et droite, négliger le calepinage, confondre les seuils d’humidité, oublier le joint périphérique, poser un film polyéthylène et sauter l’acclimatation. Tout se joue avant la première lame.

Comment poser un parquet en chevrons dans un couloir étroit ?

Orientez les pointes perpendiculairement à l’axe de circulation : cela casse l’effet « tunnel » et donne une impression de largeur. Un alignement parallèle au sens de la marche produirait l’effet inverse.

Dans quel sens poser un parquet à chevrons ?

Dans la longueur de la pièce, vers la fenêtre principale : le motif directif crée une perspective qui allonge l’espace. On peut aussi aligner les travées sur l’axe de la porte d’entrée ; le plan de calepinage compare les orientations.

Quelle est la différence entre le parquet en chevron et le point de Hongrie ?

Le point de Hongrie, ou point hongrois, est un motif de lames : des lames biseautées, le plus souvent de 45° à 52°, qui se rejoignent en pointe. « Chevron » désigne dans le langage courant tout motif en V, y compris le bâton rompu à bouts droits.

Quels sont les avis sur le parquet en chevron ?

Notre retour d’expérience depuis 2006 : le motif est très apprécié pour son rendu, à condition de soigner le calepinage et la pose. Les points à anticiper sont la qualité de pose, les chutes et le budget ; un échantillon et un plan de calepinage évitent la plupart des déceptions.

Quels sont les avantages du parquet chevron ?

Les principaux avantages : un rendu architectural fort, une grande variété d’essences et de finitions, un massif ponçable plusieurs fois et un contrecollé stable, compatible avec le plancher chauffant. Il s’adapte aussi bien à un appartement haussmannien qu’à un loft contemporain.

Quels sont les inconvénients du parquet chevron ?

Ses limites : une pose exigeante, des chutes plus élevées qu’en pose droite (15 à 18 % contre 8 à 10 %), un budget supérieur à une pose classique et, en contrecollé, un ponçage limité par l’épaisseur du parement.

Depuis 2006, Floorz La Grande Parqueterie conseille et livre des parquets en chevrons dans toute la France. Découvrez notre sélection de parquets point de Hongrie, en massif et en contrecollé, échantillons gratuits sur demande, devis personnalisé sous 48h.

Votre projet parquet, notre expertise depuis 2006

Showroom Matériauthèque de 200 m² proche de Strasbourg

Chaque projet porte en lui une exigence.
Nous faisons nôtre celle de la satisfaire.

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Article rédigé par Bruno Mignot. Expert en parquets.
Révisé en octobre 2026. Reproduction interdite.
Floorz La Grande Parqueterie
Maison d’exception depuis 2006

★★★★★  4,8 /5 — 205 avis — Google

Sources & références

1 NF DTU 51.2 (1995, fiche Fcba 2023), pose collée des parquets : humidité du support (chape ciment ≤ 3,0 %, anhydrite ≤ 0,5 %) ; joints périphériques de 5 à 8 mm ; film polyéthylène proscrit après la pose. NF DTU 51.1 (1983), pose clouée sur lambourdes.

2 André-Jacob Roubo, L’Art du menuisier, tome 1 (1769-1775).

3 Centre des monuments nationaux, ressources sur les techniques du patrimoine.

4 Dictionnaire de l’Académie française, 9e édition, article « Point » : dictionnaire-academie.fr.

5 Bibliothèque nationale de France, département des Estampes et de la photographie, Réserve QB-370 (33)-FT 4 : Cazenave d’après Bouillon, « Jugement de Marie-Antoinette d’Autriche », entre 1805 et 1815.

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